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Pourquoi devient-on joueur problématique ?

Qui peut développer un problème de jeu ?

Il n’existe pas de « profil type » de joueur problématique. Le jeu problématique peut toucher toutes les tranches d’âge, les hommes comme les femmes, ainsi que toutes les classes sociales.
En réalité, les causes du jeu problématique sont multiples et font interagir trois types de facteurs :
• des facteurs liés à la personne tels que ses caractéristiques génétiques et biologiques, sa personnalité et/ou l’existence de certaines caractéristiques psychologiques ;
• des facteurs liés à l’environnement du joueur comme la société, la culture dans lesquelles il vit, sa famille ainsi que les pressions financières qu’il peut rencontrer ;
• des facteurs liés au jeu lui-même, c’est à dire les caractéristiques du jeu et son accessibilité.

La perte de contrôle est le point de départ du problème de jeu

Au départ, le joueur mise des sommes d’argent qu’il peut se permettre de perdre. A partir d’un certain moment dans son parcours, il va perdre le contrôle sur le jeu.
La perte de contrôle peut apparaître rapidement chez certains joueurs, pour lesquels l’excitation du gain au cours des premières expériences de jeu est si forte qu’ils deviennent dépendants presque instantanément.
Pour d’autres joueurs, l’apparition du jeu problématique est plus progressive. Apres avoir joué de manière contrôlée pendant plusieurs années, la fréquence et l’intensité du jeu augmentent entraînant des pertes croissantes. Ces joueurs retournent alors au jeu dans l’espoir de se refaire et perdent de plus en plus le contrôle.
Enfin, il existe des joueurs qui jouent de manière compulsive et importante au cours de certaines périodes de leur vie alternant avec d’autres périodes marquées par les remords et une très faible pratique voire une absence de jeu.

Le parcours du joueur problématique

La plupart des joueurs problématiques passent par trois phases successives dans leur parcours de joueur: la phase de gain, la phase de perte et la phase de désespoir. Comme chaque joueur est unique, les parcours de jeu peuvent néanmoins suivre des chemins différents. 

La phase de gain

C’est la rencontre avec le jeu qui mêle plaisir et excitation. Beaucoup de personnes ayant développé un problème de jeu rapportent avoir gagné un gain important lors des premières expériences de jeu. « Gain important » n’est pas nécessairement synonyme d’une grosse somme d’argent mais plutôt d’un montant qui a marqué le joueur, qui lui a procuré une émotion agréable.
Ce gain important peut également être à l’origine d’une perte de contrôle. En effet, gagner beaucoup d’argent au début va faire naître chez le joueur de fausses croyances: il croit à tort qu’il peut déjouer voire contrôler le hasard. Ces idées le conduisent à croire que l’on peut « faire de l’argent » facilement grâce aux jeux de hasard et d’argent.
Le joueur acquiert alors une conviction inébranlable basée sur ces fausses croyances : il est certain qu’il va gagner à nouveau, que sa chance va continuer. Cette conviction qu’il va bientôt gagner le pousse vers le jeu dès qu’il ressent une impulsion à jouer et donc à multiplier ses retours au jeu.

La phase de perte

Emporté par sa conviction de gagner, le joueur va augmenter la cadence de jeu. Cependant comme personne n’est capable de maîtriser le hasard, à force d’augmenter les mises, il subit des pertes. Il perd alors de plus en plus le contrôle. Une seule idée l’obsède : « se refaire ». A ce moment de son parcours, tous les moyens sont bons pour jouer et trouver de l’argent devient une priorité. Malgré les problèmes financiers ou relationnels qu’il commence à rencontrer, le joueur ne démord pas. Il joue plus encore et perd davantage…

La phase de désespoir

Le joueur va chercher dans le jeu la solution aux problèmes qui s’accumulent. Il est emporté dans une spirale infernale : pour recouvrer ses pertes, il augmente la fréquence et le montant des mises, ne gagnant qu’occasionnellement et aggravant chaque fois ses dettes de jeu. Rien n’a d’importance en dehors du fait de trouver de l’argent pour jouer. Certains vont jusqu’à commettre des actes illégaux pour continuer à jouer.
Le joueur essaie de se limiter mais n’y parvient pas. Il souffre de ne pas avoir le contrôle sur son comportement. Il peut alors présenter des signes de dépression, voire des idées suicidaires. Les répercussions du jeu dans sa vie familiale, sociale et/ou professionnelle rajoutent à son désespoir.
Même lorsqu’il est rempli de désespoir, le joueur garde encore une forte ambivalence par rapport au jeu, celui ci étant perçu à la fois comme une source continue de problèmes et comme une solution à court terme. C’est pourquoi, il reste difficile pour lui de demander de l’aide.

L’importance des fausses croyances dans la poursuite du jeu

Tous les joueurs cherchent à prédire l’arrivée prochaine d’un gain et ils entretiennent tous la conviction de gagner. Mais d’où leur viennent ces idées ?
L’expérience d’un gain fait naître chez les joueurs de fausses croyances. Ce sont toutes les pensées du joueur qui vont à l’encontre des principes logiques des jeux de hasard et d’argent. Elles amènent le joueur à penser qu’il peut influencer l’issue du jeu et contrôler le hasard.
Ces erreurs de pensées sont souvent liées à une mauvaise connaissance de l’indépendance des tours et de l’espérance de gain négative des jeux de hasard et d’argent.

Le joueur peut penser par exemple que s’il mise des plus grosses sommes d’argent, il a plus de chance de gagner ou encore que s’il a gagné une première fois, il a de bonnes chances de gagner une seconde fois…C’est faux ! Le joueur est prisonnier de ses fausses croyances qui le poussent à retourner au jeu et qui l’entraînent en réalité vers sa perte.

Ces fausses croyances sont de trois types :

  • L’illusion de contrôler le hasard

Dans son parcours, le joueur va rencontrer des situations qui vont le pousser à faire le lien entre des événements indépendants et à croire qu’il « est bon » dans ces jeux. Le joueur développe peu à peu des illusions qui lui font croire qu’il peut contrôler le hasard.

Si par exemple, le joueur gagne, non plus en actionnant le bras de la machine à sous, mais en appuyant sur le bouton «Jouer », il pourra croire que son gain découle de cette nouvelle façon de jouer. Il essaiera par la suite de trouver tout un ensemble d’astuces ou de stratégies dans le but de contrôler le hasard et d’améliorer ses chances de gagner.

  • La conviction de gagner

Les fausses croyances viennent renforcer l’espoir de gagner. Le joueur va se remémorer ses gains passés en s’imaginant que sa chance va continuer. Il est convaincu qu’il va bientôt gagner. C’est cette conviction de gagner qui le ramène sans cesse vers le jeu.
Même lorsque les conséquences négatives sont au premier plan, le joueur continue d’y croire.

  • Les superstitions

Beaucoup de personnes sont superstitieuses. Qui n’a jamais contourné une échelle par crainte que le malheur ne lui tombe dessus s’il passait dessous !
Les superstitions sont présentes chez tous les joueurs, plus particulièrement chez les personnes ayant un problème de jeu. Comme par exemple : « Le vingt et un est un jour chanceux puisqu’il comporte trois fois le chiffre sept. » ou encore  « Quand je ne cherche pas à gagner, je gagne. Mon désir de gagner me fait perdre »

A travers sa superstition, le joueur est encore plus convaincu qu’il va gagner et croit que sa capacité à prédire l’arrivée d’un gain en est améliorée. Mais dans les jeux de hasard, les chiffres ou objets « porte-bonheur » et les calculs savants n’augmentent jamais les chances de gagner…